Les muscles responsables du galbe du mollet (muscles jumeaux interne et externe) sont parfois de volumes insuffisants (surtout le jumeau interne) et sont difficiles à muscler malgré une activité sportive adaptée.

La demande peut être esthétique, faire suite à un trouble de la croissance (poliomyélite par exemple) ou à un accident.

Afin de redonner un joli galbe à la jambe il est possible d’associer plusieurs techniques permettant de la modeler : implants de mollets et lipofilling (pour augmenter le galbe de certaines zones), lipoaspiration (pour en affiner d’autres).

Dans quels cas l’intervention peut-elle être indiquée ?

La pose d’implants de mollets peut être indiquée dès la fin de la croissance chez tout patient présentant une insuffisance de volume des muscles jumeaux (le plus souvent interne, parfois externe).

Cette augmentation prothétique peut être associée à un lipofilling, réalisé à la manière d’un nappage et permettant de regalber le mollet dans sa globalité. Elle peut également être associée à une lipoaspiration des zones de surcharge graisseuse (chevilles en particulier).

Comment se déroule l’intervention ?

L’intervention se déroule sous anesthésie générale en chirurgie ambulatoire (entrée le matin et sortie le soir).
Le volume de l’implant et son positionnement sont adaptés à votre souhait.
La cicatrice mesure environ 5cm et est horizontale dans le creux poplité.

A la fin de l’intervention une bande compressive est positionnée sous la cicatrice afin d’éviter l’ascension de la prothèse et des bas de contention sont mis en place.

Quelles sont les suites opératoires ?

Les suites opératoires peuvent être douloureuses les premiers jours et des antalgiques adaptés vous seront prescrits.
Dès le soir de l’intervention et pour une durée de 1 mois il vous sera demandé de porter des chaussures avec un petit talon (ou des semelles à mettre dans les chaussures pour les hommes) afin de permettre une décontraction des muscles jumeaux et donc une diminution des forces mécaniques qui s’appliquent sur la prothèse.
La bande compressive est retirée par le chirurgien vers le 10eme jour post-opératoire, les bas de contention sont à porter 6 semaines nuit et jour (réduction du risque de phlébite).
Des soins de cicatrice simples (lavage à l’eau et au savon, désinfectant, pansement) sont à réaliser jusqu’à cicatrisation complète (environ 10 jours) et des piqûres d’anticoagulants sont à réaliser pendant 2 semaines (réduction du risque thromboembolique).
Les baignades prolongées sont proscrites pendant 1 mois (macération de cicatrice avec risque de désunion cicatricielle et d’infection de prothèse).
Vous pouvez reprendre votre activité quotidienne 1 semaine après l’intervention.
Dès le 1er mois il est conseillé de masser vos cicatrices afin de les assouplir et de les rendre moins visibles.
Les cicatrices devront être protégée du soleil (écran total ou vêtement) pendant 1 an.

Quelles sont les principales complications possibles ?

Les principales complications pouvant faire suite à la pose de prothèses de mollets sont :

  • l’ascension de l’implant : ce risque est réduit par une fermeture de la loge de l’implant lors de la chirurgie, par la bande compressive appliquée en fin d’intervention et par le port de petits talons lors du 1er mois post-opératoire. Malgré ces mesures préventives l’implant peut être poussé vers le haut par la contraction des muscles jumeaux et dans ce cas une reprise chirurgicale est nécessaire afin de le repositionner.
  • phlébite : prévenue par le port des bas de contention et les anticoagulants, le risque est lié à la compression du réseau veineux par l’implant.
  • l’infection de site opératoire : il se manifeste par une importante rougeur douloureuse et de la fièvre. En fonction de la sévérité de l’infection, elle pourra être traitée soit par antibiothérapie soit au décours d’une reprise chirurgicale (avec ou sans changement d’implant).
  • les troubles de la sensibilité cutanée : liés à la section inévitable de petites ramifications nerveuses terminales lors de l’intervention. Ils sont totalement régressifs (repousse nerveuse) en 3 mois à 1 an.

A partir de quand est-il possible d’apprécier le résultat esthétique de l’intervention ?

Il existe un œdème lors des 3 premiers mois post-opératoires (plus accentué lors du 1er mois).
Les cicatrices sont inflammatoires (rosées, chaudes, un peu en volume) les 3 premiers mois puis vont évoluer jusqu’à la date anniversaire de l’intervention pour devenir fines et souples.
Le résultat esthétique final s’apprécie à 1 an (durée de la cicatrisation profonde et superficielle) mais un aperçu se dessine déjà au 3eme mois.


Notion importante : il n’existe pas de durée de vie prévisible de l’implant, les implants de mollets sont soumis aux contraintes mécaniques de notre corps comme tout implant. Ces contraintes peuvent endommager l’implant et imposer son changement mais peuvent aussi être très modérées et n’avoir aucune répercussion sur l’implant (qui pourra alors être gardé à vie). Dans tous les cas, une surveillance médicale est nécessaire à partir de la 10eme année post-opératoire.

Pour avoir des informations complémentaires vous pouvez lire la fiche «  prothèses et plasties d’augmentation des mollets » rédigée par la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique.